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méditations de Benoit XVI

 

 Pour

pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la Résurrection du Seigneur - qui est la fête la plus joyeuse et
solennelle de l'année liturgique -,
qu'est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n'est de nous
laisser guider par la Parole de Dieu? C'est pourquoi l'Eglise, à travers les textes évangéliques proclamés lors des dimanches de Carême,
nous conduit-elle à une rencontre particulièrement profonde avec le Seigneur,
nous faisant parcourir à nouveau les étapes de l'initiation chrétienne:
pour les catéchumènes en vue de recevoir le sacrement de la nouvelle naissance;
pour ceux qui sont déjà baptisés,
en vue d'opérer de nouveaux pas décisifs
à la suite du Christ, dans un don plus plénier.

Le parcours du Carême trouve son achèvement dans le Triduum Pascal,
plus particulièrement dans la Grande Vigile de la Nuit Sainte:
en renouvelant les promesses du Baptême,
nous proclamons à nouveau que le Christ est le Seigneur de notre vie,
de cette vie que Dieu nous a donnée lorsque
nous sommes renés «de l'eau et de l'Esprit Saint»,
et nous réaffirmons notre ferme propos de correspondre
à l'action de la Grâce pour être ses disciples.

 

 

 

 

 Marie est modèle et aide. Elle qui a fait confiance aveuglément à Dieu, précède son époux sur la voie de l’abandon total ; certes, Marie elle aussi ressent comme Joseph, tout le poids de croire ; mais elle encourage son époux avec son sourire pleine d’amour face au grand silence de Dieu, qui accompagne souvent les événements de la vie de communion avec Lui. Joseph n’a pas peur de ce silence, parce qu’il a appris, de Marie, que le Silence de Dieu, n’est pas absence de Dieu, mais le signe de son Mystère infini.

Le dernier chapitre de la première partie de son exhortation Sacramentum Caritatis, le pape Benoît XVI évoque l'Eucharistie et la Vierge Marie et nous montre qu'en Marie très sainte nous voyons parfaitement actualisée la modalité sacramentelle par laquelle Dieu rejoint et engage la créature humaine dans son initiative salvifique. De l'Annonciation à la Pentecôte, Marie de Nazareth apparaît comme la personne dont la liberté est totalement disponible à la volonté de Dieu. (33)

Quand quelque chose est trop grand et trop beau, nous aussi nous disons que les mots nous manquent pour le décrire ; le silence suffit pour exprimer l’émerveillement, bien mieux que ne pourraient le faire les paroles. Joseph est devenu un maître de silence, parce qu’il a su vivre en plénitude l’écoute de la Vérité. Si quelqu’un ne sait pas faire le silence en soi et autour de soi, il ne sera jamais capable de rencontrer Dieu.

On ne peut pas ne pas penser à ce passage concernant le prophète Élie qui est appelé à rencontrer le Seigneur : « Et voici que Yahvé passa. Il y eut un grand ouragan, si fort qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, en avant de Yahvé, mais Yahvé n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais Yahvé n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais Yahvé n’était pas dans le feu ; et après le feu, le bruit d’une brise légère » -1 Rois, 19 11b-12). Le Seigneur était dans ce vent léger, et, pour le percevoir, il fallait le silence intérieur. Dieu aime « se promener à la brise du jour » (cf. Genèse 3, 8).

Un des plus grands obstacles sur le chemin de la prière est précisément le bruit intérieur et extérieur, mais surtout le bruit intérieur qui empêche de jouir de la présence de Dieu. Que de merveilleux « silences ont rempli l’existence de la Sainte Famille de Nazareth, qui a laissé la place à des paroles inexprimables, comme lorsque la prière en devenant très intense se « perd » dans l’adoration silencieuse.

En ce temps de Carême précisément, nous devons nous convertir au silence, pratiquer le jeûne des paroles superflues et banales, qui rendra aussi les paroles significatives plus sobres et plus simples. Que Saint Joseph nous aide à mener une vie plus profonde de prière ; unissons-nous donc à la prière du Saint-Père ! « Je prie particulièrement ce grand Saint pour que, en croyant, en célébrant et en vivant avec foi le Mystère Eucharistique, le Peuple de Dieu soit rempli de l’amour du Christ, et répande des fruits de joie et de paix dans l’humanité tout entière » (
Benoît XVI, Angélus du 18.03.07

 

 le sacrement de pénitence

Recevoir le sacrement de la réconciliation régulièrement pour faire l'expérience de "l'amour miséricordieux": c'est ainsi que  « l’on trouve la vraie paix et la vraie joie ».

C’est seulement en « s’ouvrant à la lumière », et « en confessant sincèrement ses fautes à Dieu », que l’on trouve « la vraie paix et la vraie joie ».

C’est pourquoi « il est important de s’approcher avec régularité du sacrement de la pénitence », en particulier durant le Carême, pour « recevoir le pardon du Seigneur et accentuer notre chemin de conversion ».

La confession n’est pourtant pas toujours un acte facile à poser : ainsi, quand l’homme est « lié » à ses péchés, il préfère « les ténèbres » à « la lumière ».

Pourquoi la reconnaissance des péchés est-elle si importante ? Citant saint Augustin, le pape répond : « Quand ce que tu as fait commence à te déplaire, alors commencent tes œuvres bonnes, car tu condamnes tes œuvres mauvaises. Les bonnes œuvres commencent avec la reconnaissance des œuvres mauvaises ».

En d’autres termes, de la même façon qu’il est nécessaire de « reconnaître que l’on est malade, pour pouvoir être guéri »,  ainsi il est nécessaire de reconnaître son péché « pour que le pardon de Dieu, déjà donné sur la Croix, puisse avoir un effet dans son cœur et dans sa vie ». Il en va donc de la conversion réelle du cœur.

« Si l’amour miséricordieux de Dieu » est « infini » jusqu’à même « donner son Fils unique en rançon pour notre vie », notre « responsabilité » aussi est « grande » dans cette démarche de demande de pardon.

 

 
Réapprendre le silence
 « Réapprendre le silence, l’ouverture à l’écoute, pour nous ouvrir à l’autre, à la parole de Dieu ». « Les évangiles présentent souvent Jésus, surtout au moment des choix décisifs, se retirant seul dans un lieu à l’écart des foules et de ses disciples pour prier dans le silence et vivre son rapport filial avec Dieu. Le silence est capable de creuser un espace intérieur au plus profond de nous-mêmes, pour y faire habiter Dieu, afin que sa parole demeure en nous, pour que notre amour pour lui s’enracine dans notre esprit et dans notre cœur et anime notre vie ».
« une seconde relation du silence avec la prière » : « Ce n’est pas seulement notre silence qui nous dispose à l’écoute de la Parole de Dieu ; souvent, dans notre prière, nous nous trouvons confrontés au silence de Dieu, nous éprouvons presque un sentiment d’abandon, il nous semble que Dieu ne nous écoute pas et ne nous répond pas. Mais ce silence de Dieu, comme pour Jésus, n’est pas le signe de son absence ».
Le silence de Dieu, pour le connaître
« Le chrétien sait bien que le Seigneur est présent et qu’il écoute, même dans l’obscurité de la douleur, du refus et de la solitude. Jésus donne à ses disciples, et à chacun de nous, l’assurance que Dieu connaît bien nos besoins, dans toutes les situations de notre vie. Il enseigne les disciples : « Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. N’allez pas faire comme eux ; car votre Père sait bien ce qu’il vous faut, avant que vous le lui demandiez » (Mt 6, 7-8) ».
« Un cœur attentif, silencieux, ouvert est plus important que beaucoup de paroles. Dieu nous connaît jusqu’à l’intime, mieux que nous-mêmes, et il nous aime : le savoir doit nous suffire »
 

 

 Le carême, pour rejeter ce qui conduit loin de Dieu

 –  « Sachons rejeter tout ce qui peut nous conduire loin de Dieu »,
demande Benoît XVI aux catholiques francophones,
les invitant au « courage de la  prière ».

Après l’angélus de ce dimanche 26 février,
premier dimanche de carême,
présidée par le pape depuis la fenêtre de son bureau 
Il explique le sens du carême en commentant
l'Evangile des tentations de Jésus au désert.

« Le temps du Carême est exigeant car il nous invite à revenir vers Dieu,
dit le pape.
Jésus après son baptême, au début de sa mission,
est conduit au désert.
Avec Lui, expérimentons ce temps de désert et de solitude ».

C’est pourquoi il invite à ce discernement :
« Sachons rejeter tout ce qui peut nous conduire loin de Dieu et
profitons de ce Carême pour revenir vers Lui ».

Il indique le moyen de la prière et
rappelle le thème de son message
 de carême:
« Prenons avec courage les chemins de la prière.
Redécouvrons l’importance de notre relation à Dieu et
« faisons attention les uns aux autres
pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » (He10,24). »

 Le soutien aux autres se traduise en « partage conscient de leurs souffrances et de leurs espérances ». Il faut pour cela « ouvrir les yeux sur les nécessités
d’autrui », dépassant « la dureté de cœur qui rend aveugles à ses souffrances ».

 

 

 

 

Benoît XVI rappelle que le carême invite à réfléchir
sur « le cœur de la vie chrétienne : la charité ».
Il souligne que, de tous temps,
« le témoignage de la charité touche le cœur des hommes de façon particulière ».
L’authenticité de la fidélité à l’Evangile, poursuit-il, se vérifie
« par l’attention et la sollicitude concrète que nous nous efforçons de manifester envers le prochain
, surtout envers les plus faibles et marginaux ».

 

 


 MEDITATIONS DU SAINT PERE A L'ENTREE DU CARÊME

 

« Cet itinéraire de repentir et de conversion s’adresse à tous :
que nous nous préparions au baptême,
que nous soyons éloignés de Dieu et de l’Église et
cherchions la réconciliation,
ou bien que nous ayons une vie de foi en communion avec l’Église ».

 

« A la suite du Peuple de Dieu,
nous sommes invités à faire l’expérience de l’attente,
de la purification, de l’épreuve, et aussi de la fidélité de Dieu à ses promesses.
Et nous expérimentons en même temps notre péché, notre égoïsme,
la médiocrité due au sécularisme et au matérialisme,
l’absence de référence à Dieu dans notre vie ».

Le pape a évoqué la lutte spirituelle du carême qui se vainc,
notamment, par la prière:
« Nous sommes appelés à imiter Jésus
qui enseigne à vaincre la tentation.
Car le désert est le lieu du choix spécial de Dieu
et de l’adhésion du Peuple élu.
C’est aussi le lieu du refus de Dieu
en revenant au paganisme et à l’idolâtrie,
préférant un Dieu plus visible.
Jésus va au désert pour prier son Père.
Et il résiste au Malin qui lui propose une voie de pouvoir
et de succès qui n’est pas celle du don total sur la croix.
Nous aussi, nous découvrirons la vérité et
la joie du Salut en vivant l’épreuve avec foi et patience,
en méditant et en mettant en pratique la Parole de Dieu,
et en donnant plus de place à la prière ».

 

  

Paroles de Benoît XVI en italien avant l’angélus :

 

Chers frères et sœurs, nous avons tous besoin de lumière intérieure pour surmonter les épreuves de la vie. Cette lumière vient de Dieu, et c’est le Christ qui nous la donne, Lui en qui habite la plénitude de la divinité (cf. Col 2,9). Gravissons avec Jésus la montagne de la prière et, en contemplant son visage plein d’amour et de vérité, laissons-nous nous remplir intérieurement de sa lumière. Demandons à la Vierge Marie, notre guide sur le chemin de la foi, de nous aider à vivre cette expérience en ce temps de Carême, trouvant chaque jour un moment pour prier en silence et écouter la Parole de Dieu.

Chers frères et sœurs,

Ce dimanche, deuxième dimanche de carême, est caractérisé par la Transfiguration du Christ. En effet, durant ce parcours de carême, la liturgie, après nous avoir invités à suivre Jésus dans le désert, pour affronter et vaincre avec Lui les tentations, nous propose de gravir avec Lui la « montagne » de la prière, pour contempler sur son visage humain la lumière glorieuse de Dieu. L’épisode de la transfiguration du Christ est rapporté de manière unanime par les évangélistes Matthieu, Marc et Luc. On y trouve deux éléments essentiels : tout d’abord, Jésus monte avec les disciples Pierre, Jacques et Jean sur  une haute montagne, où « il est transfiguré devant eux » (Mc 9,2), son visage et ses vêtements resplendissent de lumière, tandis qu’à côté de Lui apparaissent Moïse et Elie; deuxièmement, une nuée couvre le sommet de la montagne et d’elle sort une voix qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le! » (Mc 9,7). Donc la lumière et la voix: la lumière divine qui resplendit sur le visage de Jésus, et la voix du Père céleste qui témoigne pour Lui et ordonne de l’écouter.

Carême LE JEÛNE

 

Entrer en Carême avec Saint François de Sales
 
 
                                                                                                         
 
 
Le Mercredi des Cendres – qui tombe cette année sur le 22 février – nous introduira dans le temps du Ca-rême. L’Église nous invite, ce jour-là, à observer le jeûne et l’abstinence, c’est-à-dire, à ne consommer qu’un seul repas par jour, et sans viande, comme signe de pénitence et de conversion. Le jeûne, tel qu’il est voulu par l’Église, n’a pas comme but la privation, ou l’expiation de je ne sais quel péché ; au con-traire, il nous enseigne la modération, le don et la maîtrise de soi, et nous rend solidaires de ceux qui souf-frent de la faim.
Saint François constate que le jeûne, bienfaisant au corps et à l’esprit, n’a que des effets bénéfiques pour la vie spirituelle : « Le jeûne fortifie l’esprit, mortifie la chair et la sensualité, élève l’âme vers Dieu, ra-baisse la concupiscence, donne la force de vaincre et d’éteindre ses passions ; enfin, il dispose le cœur à ne chercher que ce qu’il plaît à Dieu». Le jeûne qui plaît à Dieu, enseigne le saint évêque, requiert trois conditions : (1) qu’il soit pratiqué de bon cœur, (2) sans vanité ni hypocrisie, (3) et en se plaçant sous le regard de Dieu pour accomplir sa volonté[2]. Le saint évêque de Genève, qui désirait que la pratique du jeû-ne soit libre, sincère et humble, nous rappelle que le jeûne ne doit pas s’appliquer qu’à l’estomac, mais aussi à tous les autres sens. N’est-il pas hypocrite que de priver de nourriture notre estomac, alors que no-tre langue continue à s’agiter sans frein ni contrôle? N’est-ce pas jeûner, que d’éviter de nous disperser en conversations inutiles, qui peuvent facilement nous détourner de la charité et de la prière ? « Préparez-vous à jeûner avec charité – disait saint François de Sales – car si votre jeûne est pratiqué sans charité, il est vain et inutile, et n’est point agréé par Dieu».
Chez François de Sales prévaut toujours l’équilibre et le bon sens. Par exemple, il n’autorise pas que l’on jeûne contre l’avis du médecin; il demande aussi que l’on sache remplacer le jeûne par une autre péni-tence, lorsque les circonstances ne s’y prêtent pas. Un jour, alors qu’un prélat était en visite chez François de Sales à Annecy, ce dernier alla prévenir son hôte que le souper était prêt. « Souper, répondit le prélat, je ne souperai pas aujourd’hui, car le moins que l’on puisse faire, c’est de jeûner une fois par semaine ! ». François, aussitôt, lui fit porter une collation dans sa chambre, et alla souper avec ses aumôniers. « Voyez-vous, leur dit-il, il ne faut pas être attaché à ses pratiques, même les plus pieuses, au point de ne pas savoir les interrompre quelques fois : autrement, sous prétexte de fidélité, il s’y glisse un subtil amour-propre. Le jeûne, lorsque les circonstances ne le permettent pas, peut être renvoyé à un autre jour ; on peut aussi le remplacer par la condescendance, qui est fille de la charité, et qui doit lui être préférée».
Saint François recommande le discernement et la modération dans la pénitence. Celui qui a un travail pé-nible ne devrait pas épuiser ses forces en jeûnant, disait François de Sales : « Le jeûne et le travail, prati-qués conjointement, brisent et abattent le corps. Si le travail que vous faites vous est nécessaire, ou s’il est pour la gloire de Dieu, je préfère que vous souffriez de la peine du travail, plutôt que de celle du jeûne. C’est d’ailleurs le sentiment de l’Église : pour les travaux qui sont au service de Dieu ou du prochain, elle dispense même du jeûne prescrit. L’un a de la peine à jeûner ; l’autre à servir les malades, à visiter les pri-sonniers, à confesser, à prêcher. Cette peine-ci vaut mieux que celle-là car, outre le fait qu’elle maîtrise aussi le corps, elle porte de bien meilleurs fruits. En règle générale, il est préférable de garder un peu plus de forces physiques qu’il n’est nécessaire, que d’en ruiner plus qu’il ne faut. Car on pourra toujours en perdre ; on ne pourra pas toujours en retrouver». Nous voyons combien Saint François est sage dans tout ce qu’il nous enseigne. Ce n’est pas le jeûne pour le jeune qu’il nous propose ; mais un jeûne bien “nour-rit” de l’amour de Dieu ! Voici encore une perle de la sagesse salésienne que l’on peut méditer : « Il vaut mieux pencher du côté de la charité que de l’austérité ».
 
Père Gilles de St. Fr. de Sales, affilié à l’Ordre de la Visitation



Sermon pour le mercredi des Cendres (№ LIV), in Œ X, 182.
Idem, 182, ss.
Idem, 185.
Lettre à C. de Crépy (CCLXXXI) in Œ XIII, 36.
 La collation est un repas très léger qui ne supprime pas le jeune mais en atténue les rigueurs.
Déposition au procès de béatification de Jeanne de Chantal, art. 28, p. 76.
Introduction à la vie dévote, Œ III, 218-219.
Entretiens, in ΠVI, 308.
 

 

Le Caréme

 

 Le carême dure 40 jours, il est un Exode vers Pâques…
 
 
1. – Histoire sainte
 
Israël : Le carême est un Exode, comme celui d’Israël, un chemin de libération, un pèlerinage pénitentiel. C’est un pèlerinage qui va de la prison à la liberté, du désert à la terre promise, du péché à la sainteté…
 
Israël est aussi passé par là : Esclave, il travailla pour Pharaon, fut dominé par les païens. Pour parvenir en Terre promise, le peuple dut passer par le désert pour y faire une expérience.
Quelle expérience y fit-il ? Au désert, Israël a été purifié par les épreuves, Israël a surtout fait l’expérience de Dieu, de sa présence salvifique à ses côtés.
 
Le peuple élu a été guidé par Dieu lui-même sur cette route (colonne de nuée) ; au Sinaï, ils ont reçu les tables de l’Alliance, ils ont appris a faire confiance en Dieu, à l’aimer, ils ont fait tout simplement l’expérience du salut.
 
Mais dans le désert, certains se sont endurcis, ont mis Dieu à l’épreuve, ont demandé des signes et sont morts dans le désert. Ce temps du carême est donc aussi un temps de combat.
 
 
2. - Entrer dans l’histoire.
 
Chrétiens : - En bons soldats du Christ, entrons dans le combat. Comment y entrer ? Livrés à nos forces ? Seuls ? Si c’est le cas, alors tremblons. Comment faire, comment s’en sortir ?
 
Il s’agit d’une grâce à recevoir : Si nous pensons uniquement en termes de combat, de pénitence, nous sommes dans l’erreur, dans le paganisme. Notre religion est la religion de la grâce, de l’amour, du salut. Nous sommes aimés de Dieu, il vient lui-même nous sauver, il prend sur lui notre condamnation…
 
Jésus aussi passa par le désert, puis monta vers Jérusalem, y livra sa vie pour nous sauver et ressuscita. Alors, regardons-le agir, combattre, aimer, nous sauver.
 
 
 3. - La révélation de l’amour.
 
 Écoutons sa parole, entrons en dialogue avec cette parole. La Parole de Dieu vient nous parler de tout ce que Jésus a fait, offert, subi, porté pour nous, pour moi. Alors, écoutons avec amour ces paroles qui nous disent cet immense amour de Dieu pour nous. Déchiffrons dans les gestes de Jésus le langage de l’amour réel, vrai.
 
Benoît XVI : « En ce temps de pénitence et de prière, le Christ crucifié nous a révélé pleinement l’amour de Dieu. » Mais si Jésus fait tout, pourquoi jeûner nous aussi, et pourquoi faire pénitence, nous mortifier ?
 
Agapè et Éros : L’amour de Dieu est à la fois agapè et éros. Comme « éros » divin, il attend notre « oui » en retour ». Comme un jeune marié le « oui » de sa promise. Mais Adam et nous, à sa suite, nous sommes éloignés de la Source qu’est Dieu lui-même. L’homme a préféré dire « non » à Dieu, provoquant ainsi Dieu à nous sauver, « à nous manifester son amour dans toute sa force rédemptrice ».
En Jésus, nous contemplons à la fois le don désintéressé de soi et le désir passionné de réciprocité, qui nous dit « j’ai soif » sur la Croix. Alors, pour aimer en retour celui qui nous a tant aimés, « Les yeux fixés sur Jésus Christ, entrons dans le combat de Dieu. »

 
 4. - Rendre amour pour amour.
 
Soyons concrets : Pour aimer Jésus en retour, quels moyens, quelles armes « Que vais-je faire, ne plus faire, manger, ne pas manger ? » L’Église nous propose-t-elle ? La prière n’est pas un narcissisme spirituel : Non ! Prions, regardons Jésus, aimons Jésus. Passons du temps avec lui, pour lui… N’est-ce pas ce que nous enseigne chaque heure de présence bien vécue ?
 
Certaines façons de faire sont à redécouvrir. Chapelet, sacrement de réconciliation, liturgies de la semaine sainte…
Surtout, le Chemin de Croix, et méditer la Passion : « le fruit de la méditation de la passion » est une conversion, un « changement de cœur ». Le point de départ de la conversion est, pour l’Écriture « celui de la dureté de cœur », du « cœur de pierre », c’est-à-dire « le refus de se soumettre à Dieu, de l’aimer de tout son cœur, d’obéir à sa loi », et le point d’arrivée de la conversion, l’image « du cœur contrit, blessé, déchiré, circoncis, du cœur de chair, du cœur nouveau ».
 
Sainte Thérèse d’Avila a un jour découvert une statue qui venait d’être déposée dans l’oratoire : « Elle représentait notre Seigneur recouvert de plaies, tellement vraie, que lorsque je la vis je fus bouleversée car elle représentait combien il avait souffert pour nous, raconte sainte Thérèse : j’éprouvai une telle douleur à la pensée de l’ingratitude avec laquelle je répondais à ces plaies, que mon cœur s’est comme brisé ».

 
 5. - Et moi ?

Comment faire ? Chacun, selon notre histoire, les fautes personnelles commises, ce péché originel s’exprime de telle ou telle façon. Pour être efficace, notre carême, nos mortifications devront être adaptés à chacun.
 
Pour y voir clair, prier, humblement, en toute vérité. Que veux-tu de moi, comment puis-je te plaire ? Que dois-je changer ? (Et non pas : je vais en profiter pour maigrir, pour arrêter de fumer.) Si vous ne trouvez pas, demandez-vous quelles remarques vous font ceux qui vivent avec vous.
 
Tout effort que je ferai, le faire par amour. Sinon inutile et même mauvais, devient vite de l’orgueil. Je puis offrir de petits sacrifices, cachés. « Ton Père voit ce que tu fais dans le secret ! » Il l’apprécie, tu ressembles à Jésus. Rends à Jésus amour pour amour.
 
 
Arrête de te regarder, regarde le Christ.
 
 
Père Vincent BEDON

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Fichier mp3   Paroles du Père Édouard Marot
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Saint du jour
Jeudi 21 Septembre
Fête du jour : Matthieu
Réflexion journalière
« Tirer une parole...la garder dans son coeur »

Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu
Lc 18, 27
Actualité du moment

8 septembre
Nativité de la
Vierge Marie

 

  Ô Marie,
Vierge heureuse et bénie,
permettez-moi
de m’approcher
de votre berceau,
et de joindre mes louanges
à celles que vous rendent
les anges qui vous entourent,
heureux d’être les témoins
des merveilles
de votre naissance.
 

 

 

 

15 septembre
Croix Glorieuse

 

  Ô Croix dressée sur 
le monde,
attire à toi tous 
les hommes !
Que tous lèvent
le regard vers Toi

et reconnaissent
en Jésus vainqueur
de la mort,
la Source de leur
salut éternel !

 

 

 

 

"Moi, Je suis le Chemin,
la Vérité et la Vie !"
(Jean14,6)